La brève du mercredi #5

Souvenez-vous la semaine dernière, avec ma charlotte fade comme une chaussette neuve, j’ai eu un déclic. Tous les conseils des chefs me reviennent en tête, je décide de tout chambouler dans ma pâtisserie. Finie la demi-mesure, je vais balancer du Rachou pur souche.

Si à l’écran je parais quand même très sage, il faut que vous sachiez que dans la vraie vie, je suis plutôt du genre excitée et très folle. Gabriella et les autres pestouilles en parleraient mieux que moi, tellement parfois ils hallucinaient de ma capacité à être vraiment déjantée.

L’émission me donne plutôt le rôle de la nenette artiste délicate, ce que je ne peux pas réfuter, puisque j’ai aussi un côté très dentelle et perle de nacre, Môdaaaame ! Mais j’ai un état d’esprit souvent frondeur et un peu dissipée ^^ Alors, il est temps de mettre cet esprit dans ma pâtisserie !

Donc, la Rachou doudouce et mignonette, elle reste, mais dans ses gâteaux, elle va y mettre du liiioooOOOOooon !

Attention, ça va décoiffer, et dans tous les sens !

Emission 4, spéciale Italie.

Alors pour la Dolce Vita et compagnie, on repassera, la fatigue est toujours là. La première épreuve, pas évidente du tout, est d’imaginer un capuccino en version gâteau. La première idée qui me vient, c’est la plus simple, c’est de faire une tasse en chocolat, dans laquelle va venir s’empiler des textures. Cette fois-ci, je me suis mis une masse de travail considérable. J’ai deux heures pour faire: un biscuit moelleux au chocolat, tempérer du chocolat pour mouler mes tasses, faire une mousse au café, une mousse de lait, une mousse à la crème d’avoine, et petit détail, un streusel au spéculoos, pour rappeler le fameux biscuit que l’on a quasi systématiquement en accompagnement du café. J’ai conscience que je m’impose un boulot de malade, mais je crois en ma recette. Cyril et Mercotte arrivent à mon plan de travail et se marrent avec moi sur la mousse à la crème d’avoine. Cyril me dit « mais je ne suis pas un poney ! ». Ben non, Cyril, tu n’es pas un poney, mais il faut goûter à toutes ces choses-là ! En plus, je sais que l’avoine donne un goût très frais et très agréable à la mousse, alors je ne me démonte pas, et j’avance comme une dingue.

Je dose le café comme je le bois le matin: fort. Jusqu’ici, je faisais de la pâtisserie avec pour objectif que ce soit bon. Maintenant, je fais de la pâtisserie à mon goût.

À la dégustation, c’est le carton plein ! ENFIN !!!!! Je me place dans les tops, et mon dieu, que ça fait du bien ! C’est la quatrième semaine de concours, j’ai enfin trouvé mes marques.

Sylvain a encore frappé de son génie et de son talent, il est aussi dans les top. Je l’admire et c’est bras dessus, bras dessous que l’on sort de la tente.

L’épreuve de Mercotte

Emballée par l’épreuve précédente, j’ai l’impression d’y voir clair. Ma concentration est au maximum, et je commence à prendre mon pied sous la tente.

On retourne la recette, et…Elle est écrite en italien !

Halala ! À la première lecture, je ne comprends rien, j’ai presque envie de céder à la panique. Je me reprends, et je la relis trois fois. Ressurgissent de ma mémoire de vieux souvenirs de latin. J’arrive surtout à visualiser ce que l’on doit faire, car des Canolli, j’en ai mangé pas très longtemps avant de venir dans le concours !

Au bout d’une demi-heure, on nous donne des dictionnaires de traduction, et cela confirme que pour le moment, je suis dans le juste.

Je me mets en mode machine de guerre. Je fais la pâte, je la découpe, et j’enchaine la cuisson. Le nombre qui nous est demandé est considérable, et d’un rapide calcul de tête, je sais que l’on a que quelques minutes à consacrer à chaque Canolli.

J’ai la sensation d’avoir des visières. Je n’entends plus rien ni personne, sauf mon journaliste, hinhin. Je me brûle avec l’huile, je me coupe, tant pis, je fonce. Cette semaine, le mental est dur et solide. Je ne lâcherai pas.

Ça finira par payer, je me place première ! Non de non, êtes-vous, vous aussi, en train de réaliser que le tablier bleu se rapproche ? Ça devient possible !

L’épreuve créative de la carte postale italienne n’est pas évidente non plus. Je m’embarque à représenter les Cinques terres, qui sont une succession de petits villages de bords de mer, où les maisons sont toutes plus colorées les unes que les autres.

Là aussi, je m’impose beaucoup, beaucoup trop de travail: faire une crème au beurre à la mangue, un biscuit joconde à la pistache et une gelée framboise.Tout cela pour faire un montage comme un opéra. Chaque couche devait être bien fine et régulière.

Mais sous la tente, tout peut déraper d’un moment à l’autre. Il fait extrêmement chaud (c’est la première fois de ma vie que j’ai de grosses gouttes de sueur sur le front !!), et ma crème au beurre ne peut pas monter. Elle tranche une première fois, sous les yeux de Pascal Caffé. En fait, quand le jury arrive à mon plan de travail, la meringue est prête, je n’ai qu’à ajouter le beurre.  On me demande d’attendre que le jury soit venu me voir pour la finir. En temps normal, les discussions avec les chefs invité(e)s sont efficaces et brèves. Allez savoir pourquoi, cette fois-ci, on demande au chef de refaire au moins 5 fois la prise. Si je lis dans son regard un amusement certain, mais dans le mien, on doit y lire un embarras total. En effet, du coin de l’oeil, je vois le temps qui file, et ma meringue qui poireaute. Le chef s’en va, et j’incorpore le beurre dans ma meringue. Sauf qu’avec toutes ces émotions, ma meringue a bien attendu 15 min, et bien entendu, ça tranche sans crier gare.

Le chef Pascal Caffé revient, tente de la rattraper avec moi. Peine perdue. Je recommence une deuxième, et même résultat: ça tranche. Plus je rate, plus je panique. Le temps file à une vitesse dingue et sans crème, je ne peux pas monter mon gâteau.

Je recommence une troisième fois, ça recommence à trancher. La chaleur fait fondre le beurre, et la meringue ne se refroidit pas assez car on avoisine les 32 °C sous la tente. À cette troisième tentative, les émotions sont trop fortes pour moi. Il reste si peu de temps au chrono que je n’imagine plus pouvoir finir dans les temps. Une vague de larmes m’envahit, je pleure et à ce moment là, je me dis que je vais arrêter et sortir de la tente pour m’éviter l’humiliation de présenter un gros raté au jury. Puis ma journaliste, adorable, me laisse pleurer cinq minutes, histoire que je me vide de ces émotions trop fortes, et elle me remet dans les rails: « allez, ma Rachou, ne lâche pas ! Finis cette épreuve ! ». Dans un éclair de lucidité, je me rappelle que j’ai été dans les tops sur les deux épreuves précédentes. Je me remobilise, et j’y vais, un peu tremblante, mais j’y vais.

Je joue le tout pour le tout, j’augmente la quantité de beurre dans la crème, seule solution pour la faire tenir une bonne fois pour toute. Quand je réussi enfin cette crème, il me reste 20 minutes pour monter le gâteau et le décorer, et j’ai de la crème plein les cheveux !

Je monte les étages du gâteau comme je monte les escaliers de ma maison quand j’ai oublié un truc tout en haut et que #bordeljesuisdejàenretard, et mine de rien, je ne lâche pas. Je prends quand même le temps de faire des couches régulières. J’avance, je fonce, je découpe, j’empile, je cours mettre ça au frais, je prépare ma déco…

Fin de l’épreuve, je suis comme passée dans une machine à laver. Je suis très déçue de mon visuel, mais j’ai tout donné, tout mis.

À la découpe, les couches sont belles, ça plait au jury. Au goût, il fallait s’y attendre, c’est un peu trop gras. Tu m’étonnes !

Pour la première fois, je peux vraiment prétendre attraper le tablier bleu. Seule l’épreuve de l’Italie peut me faire passer à côté. Je doute beaucoup, j’attends.

Et c’est, là, en cette fin de semaine spéciale Italie, que je reçois le tablier bleu. Incroyable !!!

Rachou s’est réveillée, Rachou est dans la place !

Maintenant que dans ma tête les choses sont claires, la route me semble plus limpide. Je sais ce que je dois faire, comment je dois pâtisser.

Dès ce moment là, la machine est lancée, et comme ça fait trois semaines qu’elle est sur le parking, elle en a dans le réservoir !

1 Comment

  1. « Je commence à prendre mon pied sous la tente  » j’adore cette phrase Rachel!!!😂 je n’ai jamais regardé cette émission avant la semaine DERNIERE mais un big bravo. J’avais Deja eu un aperçu de ton potentiel mais là, tu déchires ! Une machine de guerre hier ! Tu peux être extrêmement fiere de toi 💪💪👏👏👏
    Je dois avouer que je t appelle desormais Rachou et que je passe par toutes les émotions devant la TV le mardi soir 😉
    Magnifique aventure pour une nana au top !!! ( on va bientôt pouvoir t ajouter aux personnalités de la région dans les balades d’Une Bulle Sur Les Pavés !!! )

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