La brève du mercredi #3

Le tournage de l’émission 2 commence, et c’est avec joie que je découvre le sujet d’Halloween. Cool, cool, une forêt noire !

Je commence à prendre doucement mes marques sous la tente, je suis plutôt du genre Diesel comme nenette. Il me faut du temps pour réguler mon stress, me sentir en confiance avec les autres candidats et arrêter de me liquéfier à chaque approche de Cyril et Mercotte. Il faut que je vous avoue quelque chose…Pendant les épreuves, je faisais bien attention à cacher toutes mes préparations dans le frigo, sous mon plan de travail…De peur que lorsqu’ils arrivent, ils se mettent à goûter et à me dire que ce n’est pas bon ! J’étais tétanisée à l’idée qu’en cours d’épreuve, ils me mettent le doute. Je pense qu’à ce stade du concours, j’étais encore peu assurée, même si au montage, j’ai l’air d’être sereine.

La forêt-noire est une revisite qui m’inspire, mais ne changeons pas de vielles habitudes, je m’embarque dans une obstination d’effet bois en chocolat, Cyril n’arrive pas à visualiser ce que j’ai en tête, tu m’étonnes !

Forte de mon expérience de la semaine passée (on va rire !) où j’avais compris que faire compliqué allait me desservir à tous les coups, je me pose cinq minutes pour réfléchir à mon dessert, pour peser le pour et le contre de la complexité du montage. Le problème, c’est que je vois bien qu’il va y avoir trop de glaçage au chocolat noir, mais avec le stress et le journaliste qui ne me lâche pas d’une semelle, je n’arrive pas à imaginer autre chose que ce que j’avais prévu au début.*

Puis le temps file, il faut avancer. C’est une des difficultés du tournage. Nous n’avons pas le temps, comme à maison, de chipoter sur des détails qui n’en sont pas. Il faut réfléchir vite, très vite et surtout doser la part de risque.

Il faut imaginer, sur une épreuve de deux heures, le temps de dessiner et d’expliquer à la caméra ce que l’on compte faire, le temps de répondre aux questions permanentes, de courir chercher le matériel, refaire des scènes ou répéter 20 fois comment on fait une génoise, en réalité sur deux heures, on doit pâtisser 1h30. Ça n’en fait plus beaucoup du temps !

Donc je réfléchie, je réfléchie, mais ça ne vient pas. Tant pis, je continue sur ma lancée. Je poche dans des tubes de la chantilly vanille et de la chantilly chocolat, j’insère des griottes. Mon idée ? Faire des tubes « bi-goût » et qu’à la découpe, on voit la moitié en vanille, la moitié en chocolat.

J’hésite longuement à glacer ce tube, et puis…Je le fais ! À la dégustation, ça ne loupe pas, il y a trop de chocolat !

Allez, Mercotte, à nous deux !  Ha les doigts de sorcière ! Quand je découvre l’épreuve, je me marre à fond ! La vraie difficulté, c’est de réussir à sortir les 50 doigts, et surtout de laisser la pâte bien reposer au frais pour ne pas qu’elle ne se déforme pas à la cuisson. Je me lance, après une demi-heure à essayer de calculer en vain  combien de gramme doivent peser chaque doigts….Je me lance, en faisant confiance à mon oeil. J’ai adoré faire cette épreuve, malgré le rythme intense que l’on devait tenir pour être sûr d’avoir les 50 doigts et peut-être le luxe de choisir les plus beaux, il ne fallait pas trainer.

Je vous l’avais dit, l’épreuve de Mercotte et moi, c’est une véritable histoire d’amour !

Je termine première, ça me fait du bien, mais je n’en retire pas une grande joie car sur le coup, je la trouve facile et je ne vois pas le mérite à l’avoir réussie**. Je me dit juste que c’est bien, que je suis un peu tranquille pour le lendemain, que je peux aborder les choses sereinement. Cette épreuve était un échauffement. Voilà, j’ai trouvé le terme ! Durant ces premières émissions, considérez que je m’échauffe. Mais quand je vais être bien chaude, accrochez-vous ! J’hiberne un peu, le temps que je comprenne ce que l’on attend de moi …Ça peut être long !

 

Le lendemain, on se lance dans l’épreuve d’Halloween. Mon kiffomètre est à peu près à zéro quand j’apprends qu’on n’échappera pas à cette thématique. Je déteste le sang, je suis incapable de regarder un film de zombie ou d’horreur, je ne sais pas faire dans le gore. Je me creuse les méninges, je creuse, je creuse, et comme souvent dans mon métier, on trouve la solution en allant voir ailleurs. Me revient en tête la tendance des masques mexicains de la fête des morts, et je sens que j’ai trouvé une alternative. Je vais pouvoir y mettre des roses, c’est parfait !

Mon trouillomètre est au max. Sculpter une tête de mort dans de la génoise, c’est quand même pas du gâteau !

Mais il faut avancer, et vite, alors….j’avance !

Et puis au fur et à mesure de l’épreuve, je prends confiance, j’essaie de me faire plaisir en réalisant les roses et en peignant sur ma tête de mort…Exercice que j’adore à la maison, mais sous la tente, c’est une autre paire de manche ! En effet, la tente est construite un peu comme une scène de spectacle: en dessous, le sol n’est pas plat, alors c’est toute une structure en métal qui supporte tout ça avec un plancher en bois par-dessus, et le lino pour la déco. Donc quand tous les candidats courent, (et que les caméramans leur courent désespérément après***), cela peut donner ce genre de conversation:

le caméraman -Attends moi, mais attends-moi bordel !

le candidat -mais Bertrand, j’ai pas le temps, d’attendre !

le caméraman -mais tu n’as pas le choix !

le candidat- grounf, gnagnagananaaaaaaa (ou un gros merde, selon le niveau d’énervement, et selon le temps qu’il reste avant la fin de l’épreuve !)

le caméraman -ha ben voilà, t’a tout gagné, j’ai rien pu filmer, puisque tu ne m’as pas attendu, il faut que tu recommence.

le candidat -???????????? WTF ?

le caméraman -allez, tu me refais et tu me redis ce que tu viens de faire ?

Et voilà comment sur une épreuve le temps file à toute vitesse. Il faut savoir séparer son cerveau en deux: un qui réfléchit et qui répond pour produire de l’image, et une autre moitié qui réfléchie pâtisserie, guide les gestes, guette le chrono, guette le Timer pour pas que ça crame, guette la cellule pour pas que ça congèle non plus. Vous aimeriez être quelle partie de cerveau, hihi ?

Avec tout ça, j’ai perdu le fil de ce que j’étais en train de vous raconter plus haut , à savoir que la tente, c’est comme une grande scène recouverte de planches. C’est pas pour me déplaire, ça me rappelle de bons souvenirs de spectacles de danse. Le petit problème, c’est que tout le monde cours. Alors, le plancher, qu’est ce qu’il fait ? Il treeeeeemble ! Et pas qu’un peu. Donc, avec mon pinceau N°troispoilsurlecaillou, qui voulais faire des détails fins et délicats….Bah, tu finis par faire des points et des traits en gueulant « arrêterez tous de courir !! ». Je ne sais plus si j’ai vraiment cru, au moment où je le disais, que tout le monde allait réellement se figer et se déplacer en petits pas légers comme ceux d’une fourmi ! Sérieusement ? Non. Tout le monde est au max de son stress et essaye de sauver sa peau.

L’épreuve se finit, je termine largement dans les temps, et c’est tant mieux, je me rends compte de ce que je suis capable de faire en 3h00.

Je regarde autour de moi, gros câlin de copains, on est contents. De voir ce qu’on fait les autres ne me rassure pas du tout. Beaucoup on joué le jeu d’Halloween à fond, et c’est réussi. Je me dis que je vais me faire allumer avec mes fleurs et mon masque qui ne ferait pas trembler une mauviette.

Mais les dès sont jetés, et c’est en me tordant les mains derrière mon dos que j’attends devant le jury. Et là…YOUPIIIII ! Le goût est là, la découpe est belle, les dents sont réalistes, les fleurs finissent de les séduire. Bim Bam Boum, le diesel n’est pas encore démarré, mais on commence à faire le plein ! La semaine prochaine, on allume le moteur, ou on reste encore sur la place de parking ?

*maintenant que je suis bien tranquille dans ma cuisine, j’ai l’impression d’être dotée de pouvoir magique: tout parait si simple une fois rentré chez soi, dans sa cuisine !

**Après avoir vu l’émission hier soir, je me dit que c’était une fausse épreuve facile ! Je suis fière maintenant. La fierté différée de quelques mois, c’est pas mal aussi !

***ils sont trop balaises les caméramans: il faut s’imaginer, une « cam » comme il les appellent, pèse entre 9 et 12 kilos, et les mecs, ils la portent tranquille Émile à l’épaule toute la journée. Ils font tout avec, c’est un peu comme un prolongement de leur corps. Bon des fois, ils l’oublient et moi aussi, alors on se rentre un peu dedans.

1 Comment

  1. Moi je t’aurai donné le tablier bleu. T’a tout pété.
    Je t’ai trouvé un peu plus fatigué que l’émission précédente..
    cette odeur de maroilles, ça devait te rappeler des petits souvenirs du frigo.
    Ch’bel adore ça

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